2e type, au nom d'Henri III

A/ HENRICVS.III.D:G.FRAN(C/O).[ET.P.]R(EX)

R/ SIT.NOMEN.DOMINI.BENEDICTVM

Dispositions légales:

Titre: Ag 319 

Poids: 4.706 g

Cours: 2 s. 6 d.

 

Références: Sb.4472


Année: 1592

Atelier: &: Aix-en-Provence

Diamètre: 23.8 mm

Poids: 2.12 g

État: TB+

Quantité frappée: très peu

Franciae IV: 0

 

RARISSIME

 

François Armand? - maître (04/1592-12/1592?)

      Le monnayage de la Ligue au nom d'Henri III est encore mal connu, notamment quant à l'identification des ateliers, surtout lorsqu'ils sont éphémères et peu ou pas renseignés. Le différent associé à l'atelier n'est ici pas lisible, mais une autre monnaie retrouvée dans les archives CGB.fr (en l’occurrence un liard à la croix fleurdelisée) m'a permis d'attribuer cet exemplaire à Aix-en-Provence. CGB attribuait alors sans certitude son liard à Arles, hypothèse désormais infirmée par les derniers travaux de Jean-Pierre Garnier et Stéphan Sombart¹. Or, on sait qu'Aix a frappé des doubles sols et des liards en 1592. Si le différent d'atelier du liard en question est approximatif, il ressemble tout de même au "&" aquisextain. Ce qui me permet surtout de rapprocher ce liard de mon double sol, c'est la présence du différent de maître "A" après le millésime, différent alors attribué à François Armand, maître de la Monnaie de Marseille. Marseille frappe pourtant bien des doubles sols et des liards, mais uniquement au nom de Charles X: il ne peut donc pas s'agir de cet atelier. Dans le Franciae IV, Stéphan Sombart entend que François Armand eut quitté sa fonction en avril 1592, remplacé par Michel Benoît². Il ne mentionne en revanche aucun maître à Aix-en-Provence entre 1590 et le 3 décembre 1592! En considérant la proximité des deux villes ligueuses, nous pourrions très bien conjecturer que ledit Armand fut envoyé à Aix pour s'occuper de la production monétaire de 1592. Il aurait ainsi pu superviser l'atelier entre avril et décembre de cette même année, et ainsi apposer sa marque. C'est là une hypothèse séduisante qui permettrait de combler tous les vides encore présents dans la connaissance de ce monnayage jusque là indéterminé. Encore faut-il maintenant la corroborer par une étude scientifique rigoureuse...


¹ GARNIER Jean-Pierre, SOMBART Stéphan, "Enfin l'identification des pinatelles frappées à Arles pendant la Ligue", Bulletins de la Société française de Numismatique, février 2006, p. 40-44 et "Identification des pinatelles frappées à Arles pendant la Ligue, un nouveau millésime retrouvé: 1592", idem, 2013, p. 76-79.

² SOMBART Stéphan, Franciae IV. Catalogue des monnaies royales françaises de François Ier à Henri IV (1540-1610), Paris, Éditions les Chevau-légers, 1997, p. 502.